Co-paysage

Étape 2 : Création de la performance

De retour dans un lieux fermé, ici Les Ateliers de la Caserne (LAC) à Québec, plusieurs questions se posent à nous : Comment maintenir, une fois sur scène, la relation de flux, l’énergie du flux qui nous engage lors d’une coécriture entre le paysage et nous-mêmes ? Quel dispositif scénique peut témoigner et prolonger la force de médiation et de remédiation de cette écriture en co-paysage ? Et enfin, peut-on affirmer que les mouvements instables, événementiels, plurivoques d’une co-écoute avec le paysage participent au renouvellement de certains modes de création au théâtre ?

Le dispositif :

À partir de deux rangées de chaises en parallèle, nous simulons ainsi une salle d’attente. La régie installée au sol est placée à l’avant, prolongée par un système de pédale d’effet et de micros et, à l’opposé, un mur de projection ouvrant vers un horizon. Au centre, une petite poutre de bois posée à la verticale est reliée par une corde que Jean-Paul démêle à l’entrée du public. Celui-ci est invité à circuler, à s’asseoir sur les chaises avec les artistes, à rester debout ou à aller derrière la régie. Pendant vingt minutes, cette installation scénographique précaire, conviviale et déhiérarchisée, loin d’être une reconstitution d’un quai, se veut davantage un passage pour des jeux de relation en transition, à l’image de ce que nous avons pratiqué sur les quais mêmes. Nous n’imposons pas un lieu, sa physicalité ou son identité géoculturelle pour en démontrer une connaissance acquise, mais nous mettons en jeu des éléments rudimentaires, recyclés et mobiles qui incitent à un dispositif intermédial et poétique. Notre salle d’attente apparaît comme une scène informelle dont les sens se révèlent à mesure que des gestes s’y déploient.