Publié le: 25 août 2016

La Tempête

21, 22 et 23 AVRIL 2011 | PETIT THÉÂTRE, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI

Souvent, à voir ces treize étudiants travailler, j’ai pensé : « Quel que soit le résultat de cette production, je peux dire qu’ils ont véritablement avancé. » Ils ont décidé d’aller de l’avant d’abord pour apprendre et plus encore vers l’avant pour créer. Parce qu’ils l’ont décidé, ils sont allés loin. Et se sont donnés pour dépasser les objectifs du cours. S’ils ont respecté mes intentions artistiques ils les ont aussi dépassées pour se les approprier. Cette double tâche est fondamentalement celle de l’acteur.

Il me semble que ce double engagement de l’acteur est la première condition pour approcher Shakespeare. S’emparer de La Tempête, c’est pour les étudiants se confronter à un théâtre qui parait transgresser la fable pour aller plus vite vers le jeu, vers l’action de l’être jouant (Régnaut, 1983).

Cette dynamique du joueur-acteur me pousse à distribuer les rôles à la manière d’une ronde ; un acteur pour plusieurs personnages, un personnage joué par différents acteurs. Ce n’est plus la traditionnelle « construction de son personnage » qui l’emporte mais la relation à tous les personnages. Repérer cette relation nécessite des signes de passation à l’aide du texte (et sa mise en voix) et du costume. Ce dernier pour contribuer au mouvement de la ronde se doit d’être léger. alors, nous n’en conservons que le tissus. Chaque personnage est identifié à une couleur/texture de tissus. Si ronde renvoie au récit (l’identité des personnages échappe, devient relative, facile à « délier », se transforme… instable et plurielle) sur le plan dramaturgique, la ronde nous entraine aussi vers une mise en réseau.

Les arts numériques (son et image) rendent possible la féérie de La Tempête. Le réel se joint au virtuel, le physique au métaphysique, sans que l’un n’absorbe l’autre. Cependant, pour suggérer l’ici et l’ailleurs, la scène cadrée et débordante du monde de Prospero, les concepteurs choisissent une relation à la technique sensible (le toucher), organique (une présence ressentie), mise à vue (tous présents sur le plateau pour ça) et à l’écoute. Car, cette pièce est aussi un paysage sonore, une architecture rythmique qui motive un jeu de texture vocale naturelle et amplifiée, et surtout qui nous demande un travail déterminée et énergique de spatialisation sonore.

Toutes ces strates d’écritures scéniques s’inscrivent dans une scénographie délicate, mobile et encore ronde. Une « fragilité solide » qui organise le mouvement général du côté de l’air, l’eau et du tactile. Enfin, pour porter ce corps scénique, j’avais le désir de voir les acteurs « marcher dans la couleur » (Didi-Huberman, 2001) et de jouer dans une lumière pleine et franche.

La réalisation de toutes ces intentions, je le dois à l’ensemble des concepteurs et des assistantes. Eux aussi ont fourni un travail démesuré pour vous restituer l’intensité de cette rencontre shakespearienne.

C’est donc joyeusement que je tiens à remercier toute l’équipe, acteurs, assistantes et concepteurs, et que je vous souhaite un bon spectacle.

Jean-Paul Quéinnec,

professeur de théâtre

Acteurs:
Simon Allard
Caroline Beaulieu
Julie Bernier
Patricia Boily
Cynthia Bouchard
Noémie Dorchies
Valérie Essiambre
Sébastien Ferlatte
Vincent Juneau-Martin
Priscillia McLeod
Anaïs Plasse
Julie Tremblay-Cloutier
Douglas Tavares Borges Leal
Concepteurs: Hélène Bergeron: Directrice de production
Alexandre Nadeau: Conception des éclairages
Andrée-Anne Giguère: Conception des images vidéo
Pierre Tremblay-Thérriault: Conception des images vidéo
Guillaume thibert: Conception sonore et spatialisation
Chantale Boulianne: Scénographie
Dany Lefrançois: Consultant sur la manipulation d’objets
Dany Desjardins: Consultant sur le mouvement et la danse
Jean-Paul Quéinnec: Mise en scène

Assistante à la mise en scène: Anick Martel
Répétitrice: Elaine Juteau

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