Publié le: 12 août 2016

Présentation de la chaire

GÉNÉRALE

Notre programme est à la croisée du théâtre performatif et environnemental de Schechner (1967-2008) et des études sonores au théâtre. De plus, la question intermédiale qui « tient compte des rapports complexes et sans cesse à redéfinir entre les usagers et un média lui-même en perpétuel changement » (Larrue, 2011), est un levier pour articuler cette démarche de création avec un théâtre à l’ère de la nouvelle culture participative et avec une scène hypermédiale, c’est-à-dire un média composite ou un regroupement de médias (Kattenbelt, 2008).

SA PREMIÈRE PHASE | 2010-2015

Durant ces premières années, son programme met au jour la réalité du théâtre en tant que média sonore longtemps occulté par l’histoire et la théorie (Larrue et Mervant-Roux Le son du théâtre (XIXe-XXIe s.). Histoire intermédiale d’un lieu d’écoute moderne, 2016) et participe des sound studies (Sterne, 2012), et participe des sound studies (Sterne, 2012) en créant un lien entre l’écriture sonore et l’écriture scénique pour tendre vers la création d’une nouvelle dramaturgie sonore au théâtre. Pour défaire le principe de subordination du son à l’action dramatique, nous nous sommes d’abord appuyés sur l’art de la manipulation d’objets qui tout en appartenant au dispositif théâtral, appelle au niveau conceptuel et matériel, au rapport intermédial de l’« être-entre » (Méchoulan, 2003) alimentant notre ouverture interdisciplinaire aux arts numériques, à l’art de l’installation ou encore à la poésie sonore.

Sur le plan pratique, nous nous sommes inscrits dans une approche performative de l’espace théâtrale en explorant ce que Schechner détermine comme l’environnement négocié ou l’espace trouvé qui consiste en un dialogue scénique avec « des espaces à l’intérieur d’autres espaces, des espaces qui contiennent, ou entourent, ou touchent, ou sont en relation avec tous les endroits dans lesquels se trouve le public et/ou les acteurs jouent. Tous les espaces prennent une part active dans tous les espaces » (Schechner, 2008). En centrant la question du son à partir de celle de l’espace, notre recherche se en se revendique aussi du Sound Art, qui en s’attachant à l’espace réel et concret (Hellerman et Goddard, 1983), fait du son le media premier dont la nature interdisciplinaire (acoustique, électronique, environnemental…) rend capable la création de formes hybrides et inusités (musique, poésie, radio, vidéo). Nous prenons ainsi le parti de faire de la scène un espace d’abord sonore d’où, à la différence du soundscape (concept phare des sound studies), une dramaturgie inventée se déploie pour se sortir du mode scénique traditionnel.

RÉSUMÉ DES TRAVAUX

Publications : « Une pensée en action du son au théâtre » (Université Nationale de Colombie 2011) ; « La scène sonore, une dramaturgie collective et performative d’une autre image théâtrale» (PUL, 2012) ; « Pour une ouverture aux recherches créations en théâtre » (Annuaire, 2012) ;« Écoute délocalisée et dramaturgie sonore au théâtre » (Aparté n°3, 2014) ; En situation : Du son à l’écriture – Simoncouche-Bogota (Sagamie, 2014)

Colloque, atelier, journée d’étude : Une pensée en action par le son : étapes de recherche création sur le théâtre et le son (UQAC, 2011) ; Imprégnation de la performance pour une autre présence du son au théâtre (UQAC, 2012) ; la recherche-création en théâtre dans le milieu universitaire, atelier scientifique international (LANTISS, 2012) ; Le dispositif sonore comme renouvellement de la pratique scénique (UQAC, 2014).

Créations : Cartographies de l’attente (2014-2017) ; Revif (2013) ; Liaisons Sonores (2012-2016) ; Écriture in situ 01 et 02 (2012) ; Dragage 02 (2012) ; Entre teatro y sonido (2011) ; Binôme/Entre deux (2011) ; Dragage 01 (2010) ;

SA DEUXIÈME PHASE | 2015-2020

Aujourd’hui, pour donner à notre recherche dramaturgique du son au théâtre une plus grande envergure, notre programme en recherche création repose sur deux notions potentiellement complémentaires, le dispositif et la mobilité.

1) Placer la notion de dispositif sonore au centre d’une nouvelle conception de la mise en scène au théâtre : Le résultat de l’œuvre ne constitue plus l’unique point de mire des expériences scéniques, mais bien le dispositif qui articule ou qui questionne l’articulation de l’œuvre. La recherche création en théâtre peut alors s’appréhender en termes de « dispositif » quand elle se pose moins prioritairement la question de son objet (qu’est-ce qui est donné à voir et à entendre ?) que celle des relations et l’en cours de l’évènement qui se mettent en œuvre pour donner à voir et à entendre. La position chez le créateur conditionne donc une proposition au spectateur car le dispositif appelle le plus souvent la participation (Ninacs, 2001).

Le son alimente le caractère relationnel du dispositif quand il se bâtit à partir du monde qui nous environne (Mâche, 1972). Un son qui habite l’espace est un son qui s’éprouve à l’égal du lieu où il se produit (Gingras 2014), privilégiant une écriture scénique qui fait résonner les aspérités de l’espace. Le dispositif théâtral s’attache alors au contexte sonore pour élargir l’écoute à des aspects apparemment extérieurs au champ dramatique de la pièce (Lelong, 2007). Le lieu n’est plus seulement considéré comme le «cadre» de présentation mais aussi comme une instance capable de générer l’œuvre elle-même. Il prend sa « place », grâce aux découvertes dans le domaine de l’acoustique, et donne sens à la création d’une dramaturgie sonore. Un dispositif sonore qui explore la vitalité spatiale exalte la physicalité du son, et sa complexité culturelle. En ce sens, la géo-esthétique (Quiros et Imhoff, 2014) de ce son (le concept de phonographie en est une expression) pourrait entrainer le dispositif théâtral vers une investigation territoriale, représentant véritablement un enjeu pour faire de la scène un espace d’interactions.

2) Situer la dramaturgie sonore dans un théâtre performatif qui s’appuie sur le tournant « spatial » en art pour favoriser sa mobilité technologique, esthétique et discursive :

Pour rendre compte de ce tournant, pratiquement, nous nous appuyons sur Garnier et Ortel (2014) qui

RÉSUMÉ DES TRAVAUX

Publications à venir : « Écriture mobile du dispositif sonore au théâtre » (PUM, 2018) ; « De l’informe à la Dramaturgie sonore au théâtre : le devenir ouvertement déclassé et enjoué d’une scène sans bord » (Annuaire Théâtral, 2018) ; « Quand la mobilité répond à l’ouverture multimodale d’une recherche création sur le son au théâtre » (Annuaire Théâtral, 2017) ; « Dispositif cartographique du son pour une scène sans bord » (2017, Univ Ottawa).

Publications : « Quand l’habitat de l’autre bâtit l’écoute pour une graphie scénique », (Zone Occupée, 2017) ; « Une connectivité scénique : Cartographies de l’attente » (Inter, 2017) ; « Phonographie et Scène mobile » (Fabrique de l’art, 2016) ; « Émancipation et pluralité des pratiques sonores » (Annuaire Théâtral, 2016).

Colloque, atelier, journée d’étude : Les pratiques contemporaines de l’écriture textuelle pour la scène, colloque international (UQAC- Musée de la Pulperie, 2016) ; L’écouter, l’altérité et la mobilité (CELAT-UQAC, 2015).

Créations : 2017, Phonographie (2) : Val-Jalbert (2017) ; Phonographie Mobile (1) : Charles Buckell (2016) ;

Diffusions : Cartographies de l’attente (2015-2017) ; Phonographie Mobile (1) : Charles Buckell (2017) ; Liaisons Sonores (2015-2016).

 Menu
 Réduire
 Montrer