Publié le: 19 janvier 2018

Lancement et journées d’étude

Nous vous invitons à l’événement Journées d’étude autour de la dramaturgie plurielle.
Les 8 et 9 février 2018 à l’Université Laval, Québec en marge du Mois Multi (volet activités spéciales).

Un événement organisé par :

– Robert Faguy, Lantiss, Université Laval
– Jean-Paul Quéinnec, CRC dramaturgie sonore, Université du Québec à Chicoutimi
– Anne-Marie Ouellet, Université Ottawa

 

 

 

Programme

Les activités ont lieu au LANTISS
Université Laval, Pavillon Louis-Jacques Casault, local 3655


Jeudi 8 février 2018

13h00
Accueil des invités

Jeudi 8 février 2018

13h30
Mot de bienvenue et d’introduction à l’événement
Robert Faguy (Université Laval), Anne-Marie Ouellet (Université d’Ottawa) et Jean-Paul Quéinnec (Université du Québec à Chicoutimi)

14h00 à 15h30 Axe de recherche : Processus de création et archivage

L’art de l’interstice
Marie-Christine Lesage (Université du Québec à Montréal)
Dans le cadre d’une recherche menée auprès de différents artistes dont la pratique est interartistique et intermédiale, j’ai mis sur pied, avec les membres du groupe de recherche le PRint, une série d’entretiens portant sur les processus de création. Ces rencontres, qui se déroulent dans l’atelier de l’artiste, se développent sur plusieurs mois et sont accompagnées de recherches dans les archives de création. Ce travail d’écoute et d’observation permet de saisir de l’intérieur certains des enjeux qui forgent la singularité des processus de création des praticien.ne.s rencontré.e.s, et notamment en ce qui a trait à la manière dont se trame une dramaturgie de l’inter . Cette dernière présente des modalités créatrices plurielles et vise à mobiliser l’espace expérientiel (sensoriel et perceptif) des spectatrices et spectateurs. Je propose d’expliciter cette démarche de recherche en m’appuyant sur une étude de cas spécifique (Stéphane Gladyzewski).

L’imagination Didascalique
Luk Van Den Dries (Université d’Anvers)
Cette conférence examinera l’impact des nouveaux médias sur les carnets de notes de metteurs en scène contemporains ou Regiebuch. Le cahier de note est l’instrument préféré du metteur en scène, ou de « l’auteur » de théâtre ayant évolué avec l’art dramatique depuis le début du XXe siècle. Le cahier est littéralement le pont (l’arc boutant) entre le texte dramatique et la mise en scène. C’est le carnet de croquis du régisseur de théâtre, par lequel le parcours de conception d’une production est enregistré, répertorié, élaboré. C’est aussi un journal du processus de répétition. Dans le développement du siècle dernier, observé comme l’évolution vers un «théâtre de réalisateur» (plutôt qu’un théâtre de dramaturge), l’importance du Regiebuch a spectaculairement augmenté. Dans l’histoire de l’art dramatique moderne, le texte devient de moins en moins prépondérant, voir même disparaît au profit de la poétique visuelle et auditive du régisseur. Avec l’émergence des nouveaux médias, tels que les enregistrements numériques et les applications informatiques pour le montage audio et vidéo, la multi-média-lité du Regiebuch a considérablement évoluée. De son statut initial de carnet de croquis et de journal, le cahier de régisseur devient un genre de «storyboard».

L’hypothèse de ce projet de recherche est que la structure narrative, ou plutôt le récit visuel scénique, est co-dirigé et déterminé par les techniques de compositions visuelles utilisées par les régisseurs de théâtre pendant les périodes de répétitions. Afin d’élaborer et de tester cette théorie, une sélection des cahiers de metteurs en scène contemporains seront examinés afin d’établir une typologie du Regiebuch contemporain. Cette conférence cherche à mettre en lumière les relations complexes qui existent entre les formes hétérogènes de documentations de créateurs de théâtre et le produit artistique qui en résulte.

15h30 à 15h45 Pause

15h45 à16h15 Axe de recherche : Théorie et esthétique

Partager l’auctorialité avec le spectateur dans les dramaturgies plurielles : enjeux et défis
Hervé Guay (Université du Québec à Trois-Rivières)
Au cœur de l’élaboration d’une dramaturgie plurielle se pose la question du partage de l’auctorialité entre divers artistes qui n’ont pas forcément la même importance ni le même statut au sein d’une représentation donnée. La chose se complique encore quand la création s’ouvre sur une potentielle auctorialité du spectateur. Or quelles sont les conditions minimales pour que le spectateur passe de la simple coprésence physique à la coauctorialité et qu’est-ce que cette coauctorialité est susceptible d’apporter ou d’enlever aux écritures plurielles ? Ainsi, un tel partage est-il susceptible de miner l’autorité, le champ d’expertise des artistes, voire la signification de l’œuvre désormais trop ouverte ? L’apport du spectateur peut-il vraiment alimenter le dialogisme d’une création, créer davantage de liens avec la communauté ou encore avec l’individu qui la reçoit ? Telles sont quelques-unes des questions que je me poserai à l’aide de la théorie de la spectation mais aussi en m’inspirant des pratiques muséales et artistiques actuelles.

16h15 à 16h30 pause

16h30 à 17h00

Phonographie 3 : De la dramaturgie performative à une dramaturgie plurielle
Jean-Paul Quéinnec, Laurence Brunelle-Côté, Guillaume Thibert, Ninon Jamet et Andrée-Anne Giguère
Chaire de recherche en dramaturgie sonore au théâtre (Université du Québec à Chicoutimi)

Depuis 2010, les recherches créations menées au sein de la CRC Dramaturgie sonore au théâtre tentent de défaire le son de sa soumission à l’image et à l’action dramatique. Cette émancipation nous entraine hors les murs du théâtre en quête d’une expérience sonore où l’action d’écoute s’arrime à un site spécifique. Un processus qui certes, pose le son comme prisme de notre création mais où en fait, l’écoute s’avère une dynamique générale pour assurer une dramaturgie qui circule entre la multitude des éléments recueillis

(visuels, textuels, matériels, environnementaux, socio-culturels, mémoriels) et une diversité de moyens techniques qui y contribuent.

Au moment de la création, pour atteindre cette mise en résonance des lignes d’écriture qui pourrait caractériser une dramaturgie plurielle, notre démarche instable et hétérogène nécessite avant tout une performative dramaturgy (Stamer, 2009). Une approche qui, au-delà d’un croisement de disciplines et de medias, cherche une résistance à l’organisation établie pour favoriser une forme dispersive et processuelle, toujours en transformation.

Ainsi, c’est à travers son dernier parcours phonographique avec des sœurs moniales et en collaboration avec Laurence Brunelle-Côté du Bureau de l’APA, que l’équipe de la chaire propose une communication sur son processus en cours de création de leur installation performative où la performance de la dramaturgie plurielle est aussi le fait du spectateur.

17h00 fin de la journée


Vendredi 9 Février 2018

9h15 Arrivée des invités
9h30 à 10h45 Axe de recherche : processus de création

Hors-saison, un film aléatoire
Gilles Arteau – Steve Verreault (Collectif Vivier 48 – Matane)

Présentation de la conception et du mode de réalisation de Hors Saison , œuvre Web aléatoire de Vivier48 inspirée des jeux de contraintes de l’Oulipo, notamment les Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau.
Site web où on peut visionner l’oeuvre et ses 3125 déclinaisons : http://horssaison.ca

La cocréation – écrire à quatre mains via les possibilités du web
Christian Lapointe (Théâtre blanc)

Dans le cadre de la présentation d’une première étape de travail entre Nadia Ross et Christian Lapointe au Mois Multi, ce dernier témoigne des étapes de l’écriture de plateau en duo à travers un dispositif donnant à voir la mise en ligne de leur relation humaine dans la perspective d’une vision « pornotopique » de la société.

10h45 à 11h00 Pause
11h00 à 11h45 Axe de recherche : Théorie et esthétique

Inter, intra, archè et nouvelles agentivités : réflexions sur les phénomènes de médiation à l’ère postmédiatique
Jean-Marc Larrue (Université de Montréal)

Cette communication porte sur les développements récents de la réflexion sur les phénomènes de médiation. Elle part d’un constat : les dynamiques de l’inter, qui ont émergé dans la modernité et qui se sont généralisées durant la postmodernité et la période actuelle, ont déterminé, dans les grandes lignes, notre compréhension présente des médias, des arts et, plus globalement, des mécanismes communicationnels. Mais les récents travaux sur l’intra (Barad, Galloway) révèlent de nouvelles dimensions des processus de médiation qui élargissent considérablement l’idée qu’on s’en fait généralement.

Dans la nouvelle écologie qui se dessine à propos des dynamiques médiatiques, les statuts de l’humain et du non-humain sont remis en question, tout comme le sont les rapports de force et les jeux de pouvoir qui définissent les agentivités depuis la postmodernité. Or, une question se pose : les régimes transformationnalistes, collaboratifs ou coexistentiels que décrivent l’archéologie des médias et l’intermédialité, pour rendre compte des phénomènes de médiation, relèvent-ils d’un chaos plus ou moins organisé qu’on pourrait qualifier de « conjonctures médiatrices » ou, comme le suggèrent certains, d’une logique de l’archè où ces régimes s’inscriraient dans une dynamique « médiarchique » (Citton) ?

11h45 à 13h15 Dîner au pub de l’Université LAVAL

13h15 à 13h30 Démonstration

Autour du Rose Enfer des Animaux (AREA) , téléthéâtre cosmique de Claude Gauvreau (1958)
Direction : Robert Faguy Professeur au programme de théâtre (Université Laval)

Démonstration du travail en cours de cette dernière étape de recherche pour cette création installative et performative où les spectateurs deviennent partie intégrante du dispositif composée d’éléments mécaniques et médiatiques. Ce projet financé par le FRQSC (volet soutien à la recherche-création) vise à réaliser et à adapter des outils logiciels pour aider à la conception dramaturgique et scénique. Placées sous le sceau de la complexité, plusieurs lignes d’écriture sont conviées pour cette expérience multimodale ouverte où des réseaux de résonances à la fois formels ou sémantiques orientent de manière poétique le regard et l’oreille du spectateur.

13h30 à 15h15 Axe de recherche : Processus de créationet outils d’écriture

Outils développés pour le projet AREA
Ludovic Fouquet – Arielle Cloutier (Université Laval)

Présentation des outils logiciels et conceptuels qui ont été utilisés dans les trois phases du processus de création du projet AREA.

Écrire une expérience théâtrale distribuée
Guillaume Saindon (Internationale Filmschule Köln, Cologne)

Le Immersive Theatre , le Game Theatre et le théâtre interactif sont quelques exemples d’un théâtre en pleine effervescence au Royaume-Uni, en Allemagne et ailleurs. Un des dénominateurs communs unissant ces pratiques est leur emprunt de mécanismes propres à d’autres disciplines que le théâtre ou la performance, dont notamment l’important usage du numérique. Pensons par exemple à Believe Your Eyes de Punchdrunk, présenté l’automne dernier au Centre Phi. Or, l’utilisation de ces mécanismes, tels que l’interaction des spectateurs par le biais d’appareils numériques, l’utilisation de jeux vidéos, ou encore l’usage de la réalité augmentée, mène forcément vers une différente approche de l’écriture dramaturgique. La production d’un spectacle qui se voudrait distribué entre plusieurs plateformes devrait considérer d’un point de vue dramaturgique les interactions entre ces média. Comment écrire un environnement ouvert, un gameplay non linéaire pour le théâtre ? Comment étendre l’écriture scénique temporellement et spatialement ? Ce sont ces questions que j’aborde pour mon projet de maîtrise. Je tente d’y répondre en observant les modes d’écritures d’expériences transmédia telles que les Alternate Reality Games .

L’entrecroisement des lignes d’écritures dans une dramaturgie plurielle : écrire avec la lumière
Nancy Bussières (Université du Québec à Montréal) et Anne-Marie Ouellet (Université d’Ottawa)

L’héritage serlien a eu pour effet de restreindre les fonctions de la lumière à la visibilité de l’acteur et du décor. Le gaz, puis l’électricité, on vu naître de nouvelles possibilités par un contrôle central des sources de lumière qui ont induit une linéarité dans la composition de la lumière au théâtre, les consoles actuelles étant encore basées sur l’esprit des jeux d’orgues. Même si une tradition du théâtre visuel est venue solliciter une plus grande place accordée à la conception de la lumière, elle y est souvent soumise à une visée spatiale ; même l’atmosphère et l’ambiance sont pensés en terme d’espace. Plusieurs facteurs participent de cette soumission de l’éclairage au texte et à la scénographie (elle-même soumise au texte). La tradition dramatique texto-centrée a forgé des modes de production dans lequel la lumière entre à la fin du processus, pour venir éclairer ce qui est déjà là. À travers trois projets de la compagnie L’eau du bain, la conceptrice d’éclairage Nancy Bussières et la metteure en scène Anne-Marie Ouellet ont cherché des façons d’écrire le spectacle avec le médium de la lumière dès les prémisses du processus de création ; développant des modalités de dialogue entre le son, la lumière, les corps et les mots. Une traversée de ce mode d’écriture pluriel sera exposée afin de poser les jalons

d’une pratique autonome de la lumière et participant intrinsèquement de l’écriture du spectacle.

15h15 – Pause
15h30 à 16h30 Performance

S e v e n : n e v eS
L’Ensemble Lunatik et les étudiants du Séminaire de dramaturgie plurielle (Université Laval)

Œuvre collective résultant d’un séminaire de recherche-création sur la notion de dramaturgie plurielle présente dans les arts de la scène et de l’écran. À partir de la partition ouverte Seven de John Cage (1988), les étudiantEs ont imaginé une expérience augmentée où se greffent divers éléments scéniques (actions, dispositifs, mouvements, projections…) afin de constituer une expérience immersive. L’ensemble Lunatik qui se consacre à la musique de chambre moderne et contemporaine interprète en direct l’œuvre de Cage.

16h30 pause
16h45 à 17h00 Conclusion et perspectives de l’événement

Robert Faguy (Université Laval), Anne-Marie Ouellet (Université d’Ottawa) et Jean-Paul Quéinnec (Université du Québec à Chicoutimi)

17h00 à 18h00 Lancement et clôture de l’événement

Lancement du livre Cahier de phonographie n 01 : Phonographie mobile Charles Buckell de la Chaire de recherche en dramaturgie sonore au théâtre (Université du Québec à Chicoutimi) en collaboration avec LaClignotante et le Célat.


 

Résumé de l’événement

Dans la dernière portion du XXe siècle, l’approche interdisciplinaire a complètement bouleversé les arts de la scène et provoqué un renouvellement des écritures scéniques. Chacun des éléments formels du spectacle (scénographie, images, sons, actions, texte…) revendique son importance et son autonomie dans la fabrication du message scénique. Cette rencontre interartistique (Lesage 2008) présuppose que plusieurs types de langage sont convoqués afin de proposer au spectateur une expérience de réception multimodale où chacun des sens est mis à contribution selon plusieurs niveaux de réalité. On parle d’une dramaturgie plurielle alors que plusieurs lignes d’écriture entrent en résonance les unes avec les autres tout en gardant une certaine autonomie. Face à ces écritures ouvertes et simultanées, le spectateur doit se positionner et faire des choix, ce qui contribue aux différentes perceptions que le public peut avoir d’une œuvre modulable et complexe. La notion de dramaturgie plurielle est somme toute assez récente et nécessite une réflexion commune autour de ses multiples approches. Le but de cette rencontre ciblée vise à constituer un réseau informel québécois autour de la question et établir des contacts avec un réseau européen déjà constitué.

Axes de recherche

Nous avons ainsi ciblé trois axes : 1-outils et modes d’écriture, 2-processus de création et archivage, 3-théorie et esthétique, autour desquels nous aimerions réunir chercheurs, étudiants, créateurs et théoriciens pour échanger de manière dynamique et variée : tables rondes, communications, démonstrations, ateliers, le tout dans une perspective interdisciplinaire.

 

Lancement

Le 9 février 2018 à 17h00 au Lantiss aura lieu le lancement de notre Cahier phonographie 01 en collaboration avec LaClignotante et Cindy Dumais. La chaire de recherche en dramaturgie sonore est fier de vous convier à ce lancement.

 

Productions sonore de la CRC Dramturgie sonore au théâtre
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